Vendredi Juillet 30 , 2010
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Suivis piscicoles 2009 Allondon et Versoix

Nous vous transmettons ci-dessous nos premières impressions sur les pêches électriques de suivi des populations de truites et d’ombres de l’Allondon et de la Versoix  réalisées en septembre 2009. Ces deux rivières bénéficient depuis plusieurs années de suivis piscicoles réguliers et instructifs notamment lorsqu'on les met en lien avec les statistiques de captures des pêcheurs.

 

Il est à noter que la Versoix et l’Allondon doivent être les deux rivières les plus suivies de Suisse… voire d’Europe ! La quantité d’informations amassées est impressionnante et permet véritablement d’orienter la gestion piscicole en connaissance de cause. Ces suivis confirment souvent les observations des pêcheurs sur le terrain, mais aussi contredisent parfois certaines idées reçues.

La Versoix : des juvéniles et presque pas de géniteurs

L’augmentation relative du nombre d’ombres recensés sur plusieurs secteurs est réjouissante, notamment lorsqu’on retrouve les 3 classes d’âge représentatives d’une population équilibrée (juvéniles, sub-adultes et adultes). A signaler cependant que le peuplement constaté actuellement, bien qu’en léger progrès depuis quelques années, n’atteint de loin pas les niveaux des années 80.
La reproduction des truites est bonne car on constate un grand nombre de juvéniles et de poissons d’un an. En revanche, la rareté des truites de 2 ans est inquiétante, alors qu’il s’agit de spécimens qui se situent en dessous de la taille légale de capture.
Enfin, au niveau des poissons adultes, c’est la catastrophe ! Seuls quelques très rares individus ont été dénombrés. Mais où sont passés les reproducteurs de la Versoix ? Depuis de nombreuses années on constate que cette rivière n’arrive pas à reconstituer une population « normale » de truites, notamment en regard des qualités indéniables de son milieu (lit structuré, milieu favorable, abris, zones diversifiées et parcours bien arboré et protégé du réchauffement).
Une explication souvent avancée (et probablement avérée), serait que les truites de 2 ans, issues pour la plupart de géniteurs lacustres, dévalent en grand nombre dans le lac Léman et que les géniteurs résidents dans le cours d’eau ne suffiraient pas à établir une population de truites digne de ce nom. Une autre explication, nettement plus inquiétante, serait que la qualité de l’eau de la Versoix ne se soit pas améliorée malgré les efforts d’assainissement et de modernisation de la STEP de Divonne. L’urbanisation galopante du Pays de Gex due à une augmentation incessante de la population n’est certainement pas étrangère à cette situation.


L’ Allondon: des géniteurs et très peu de juvéniles


C’est un tableau inversé que l’on constate sur cette rivière. Alors qu’on redoutait le manque de géniteurs de truites (voir Info-pêche No 54),  il semble qu’ils soient encore bien présents notamment sur les secteurs médians et amont du cours d’eau (Feuilletières et Pont des Granges). La présence des ombres est réjouissante même si elle est intimement liée à la migration de la population qui vit dans le Rhône à son embouchure. Par contre, la reproduction naturelle (truite et ombre) bien qu'observée en début de saison,  ne donne pas les résultats escomptés vu l’absence quasi constante de juvéniles sur les secteurs pêchés électriquement. Cette année était pourtant favorable du point de vue hydrologique puisque beaucoup de rivières suisses ont connu des conditions très propices à la reproduction des salmonidés.
L’impact de la prédation par les harles est certainement un élément qui explique cette situation. On peut aussi relier partiellement ces mauvais résultats à une fécondité insuffisante, ou simplement une qualité génétique des poissons altérée par des années de rempoissonnement avec une souche inadaptée. Il convient d’ajouter qu’une qualité d’eau encore très médiocre n’est pas un facteur à ignorer au titre des causes possibles de ce manque de juvéniles et de poissons sub-adultes.
Nous attendons donc avec une certaine impatience et beaucoup d’espoir les prochaines années puisque les STEP françaises du Pays de Gex sont maintenant raccordées sur celle du Bois-de-Bay à Peney.  Par ailleurs, nous nous réjouissons que la DGNP ait décidé de déplacer systématiquement des familles de harles de la plaine alluviale vers le lac Léman afin de préserver les juvéniles d’ombres et de truites de ces prédateurs terriblement efficaces. Ajoutons que les aménagements du lit du cours d’eau avec des embâcles par fixation de bois morts et de troncs d’arbres vont améliorer l’habitat. Enfin, la mise sur pied d’un repeuplement au moyen de juvéniles issus de géniteurs du cours d’eau est aussi une bonne nouvelle (voir article ci-après).


Repeuplement: collaboration entre voisins


La gestion par bassin versant d’un cours d’eau est certainement un des meilleurs outils de gestion «patrimoniale» pour redorer le blason halieutique d’une rivière telle que l’Allondon. Compte tenu de l’échec de la reproduction naturelle dans ce cours d’eau, l’AGSP soutient l’arrêt de l’apport de truites et d’ombres non indigènes dans cette rivière et la sélection d’une souche adaptée à partir des géniteurs provenant de la rivière. Les juvéniles issus de ces géniteurs seront ensuite immergés en soutien des peuplements actuellement jugés insuffisants. C’est une des pistes adoptées par la Commission de la Pêche et la DGNP. A cet effet, L’AAPPMA de Thoiry, qui gère une pisciculture en bordure de l’Allemogne (affluent de l’Allondon), va signer un contrat de prestation fixant cette collaboration transfrontalière. C’est donc une trentaine de géniteurs de truites qui ont été prélevés dans l’Allondon lors des pêches électriques de septembre 2009 et ont été transférés dans les bassins d’élevage de Thoiry. Voilà un bel exemple de procédure officielle entre partenaires agréés, pour le soutien de la pêche entre voisins gestionnaires d’un cours d’eau. Que cette expérience se poursuive pour le bien de la rivière, de ses poissons et des pêcheurs ... c’est notre vœu le plus cher !


Ombres: expérience valaisanne


Dans le cadre d’un soutien à cette espèce fortement menacée, une quarantaine «d’ombrets» ont été également prélevés dans l’Allondon et envoyés dans une pisciculture valaisanne où ils serviront de géniteurs pour produire des alevins d’ombre de souche «Allondon». Cette opération fait partie du «plan Ombre» mis en place par la DGNP et également soutenu par la CP.

Dernière modification le Lundi, 01 Février 2010 20:11

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