, pose la question de leur motivation profonde et de la valeur philosophique de leurs thèses. Nous publions ci-dessous, avec l’aimable autorisation de l’auteur, un article d’Olivier Bot, paru dans la Tribune de Genève du 1er avril 2009. Et ce n’est pas une plaisanterie ! Ce texte démontre clairement que les principes de ces soi-disant protecteurs des animaux sont indéfendables. On espère que l’office vétérinaire fédéral en est conscient également …
(Tribune de Genève - 01.04.2009) La pêche suisse nage en plein paradoxe. Et l'affaire est éminemment philosophique. La nouvelle ordonnance sur la protection des animaux adoptée l'an passé par le Conseil fédéral s'applique désormais à la pêche de loisir. Pour les quelque 100’000 pêcheurs de la fédération, cela s'est traduit ce printemps par la disparition des parcours «sans tuer » sur nos rivières. Il n'est en effet plus autorisé de pêcher un poisson dans l'intention de le remettre à l'eau. Cet article de loi touche la pratique de la pêche «no kill» des moucheurs.
Le film «Et au milieu coule une rivière», inspiré du roman éponyme de Norman Maclean, l'a popularisée auprès du grand public. En Suisse, donc, le «no kill» est désormais proscrit. Sauf «quand la remise à l'eau de poisson viable se justifie pour des raisons écologiques» Comment les gardes pourront-ils l'apprécier ?
Sauf à verbaliser les seuls moucheurs qui pincent les ardillons de leurs hameçons, afin de ne pas blesser les truites qu'ils photographient avant la remise à l'eau, on ne voit pas. Ridicule et inapplicable! Pour les inspirateurs de la loi, il faut arrêter de faire souffrir les poissons. L'absence de néocortex chez ces animaux fragilise l'argument. Mais admettons. Dès lors, pourquoi les tuer ?
Pendant ce temps, l'initiative «Eaux vivantes», de la Fédération suisse de pêche visant à renforcer la protection des eaux de rivières, peine à déboucher. Rejetée en 2007 par le Conseil fédéral, elle était encore en discussion ces jours-ci, avec des chances d'aboutir, cette fois, dans une version allégée. (Ndlr: un contre-projet satisfaisant a finalement été proposé par les Chambres Fédérales et la FSP est prête à l’accepter et ainsi retirer son Initiative). Deux tiers des Suisses, selon un récent sondage, soutiennent cette idée de renaturation des rivières. Car pour protéger les poissons, ce sont les eaux qu'il faut soigner.
Les mordus de pêche à la mouche - car cette pratique exigeante ne tolère pas de passion tiède - ont acquis, souvent de haute lutte, des parcours réservés au «no kill» où l'absence de prélèvement et le respect des souches autochtones à la rivière ont, au fil des ans, ramené une belle densité de poissons naturels. Ils se battent contre les rectifications de cours d'eau, les centrales hydrauliques, la faiblesse des débits réservés, les déversements de poissons exogènes et les pollutions. Cette belle aventure, respectueuse et protectrice du milieu, est finie. Au nom de quoi? D'une autre conception de l'écologie, dite «profonde», qui vise à en finir avec l'anthropocentrisme et à libérer les animaux de l'esclavage. Qu'importe si cette philosophie antihumaniste a croupi dans les eaux de l'extrême droite et y croupit encore. Ou que certains de ces «antispécistes» ont versé dans le terrorisme en Angleterre et ailleurs.
Si l'objectif de protection animale est noble, il n'est dans l'esprit de quelques écologistes jusqu'au-boutistes qu'une étape vers la suppression de toute production animale destinée à l'alimentation ou à l'habillement. Fin janvier, celui qui a élaboré les concepts de l'écologie profonde, Arne Naesse, est mort. Parmi ses idées clés, on trouve celle-ci: il faut aboutir à une «diminution substantielle de la population humaine», car «l'épanouissement de la vie non humaine exige une telle diminution». En Suisse, les pêcheurs environnementalistes ont perdu une bataille. La disparition des «no kill» le révèle et ne concerne pas que les pêcheurs à la mouche fouettant l'air de leur soie …
Olivier BOT
Il est interdit de ne pas tuer les poissons ...
L’interdiction des parcours no-kill en Suisse révèle une philosophie «antihumaniste» que l’AGSP ne partage pas. Comme ils sont à l’origine de cette interdiction, le silence assourdissant des protecteurs des animaux face à la prochaine vidange de la retenue de Verbois, durant laquelle on peut pourtant s’attendre à ce que la majorité des poissons meurent par asphyxie
Articles de
Sur le même sujet (tags)
Egalement dans cette catégorie :
« Editorial de l'Info-pêche n°55
Suivis piscicoles 2009 Allondon et Versoix »
Derniers articles
-
P'tites nymphos 2 Pollutions du Rhône ? … circulez y’a rien à voir !! Voici deux...
-
Une nouvelle ère pour l’Aire: fin de la 2e étape de renaturation (FAO du 25 septembre 2009) Les conseillers d'Etat Robert Cramer,...
-
Il est interdit de ne pas tuer les poissons ... L’interdiction des parcours no-kill en Suisse révèle une philosophie...
-
P'tites nymphos 1 L’année des hannetons ? L’AGSP note avec satisfaction la mise...
-
La liste rouge des poissons menacés a été actualisée (MP- Adapté du communiqué de l’OFEV- avril 2008) Le degré de menace...
- 1
- 2
- 3
- 4
Principaux rédacteurs
-
Administrator
0 commentaires