Mercredi, 12 Août 2009 21:06

Editorial

par Administrator

Durant dix-neuf années, Maxime Prevedello a assumé la présidence de l’AGSP. Sous sa conduite, l’association a su devenir un partenaire incontournable et écouté des institutions en charge de la pêche dans le canton de Genève. Son action a permis d’inscrire la pêche dans une perspective réellement durable des ressources piscicoles.

L’association a en effet constamment soutenu les mesures en faveur des écosystèmes aquatiques.Elle a su agir pour faire du repeuplement une pratique mesurée et rationnelle, et a encore, en toute cohérence, favorisé une réglementation favorable aux géniteurs.Maxime Prevedello a en outre su faire preuve de pragmatisme lorsqu’il s’est agi de défendre une pêche populaire, notamment en soutenant des projets, dont certains sont toujours en cours, qui visent à favoriser la pêche sur les secteurs urbains du canton.

Le journal que vous tenez entre vos mains est un second indice de son hyperactivité halieutique. C’est jusqu’à présent l’outil de promotion de la pêche et de lobbying le plus abouti de Suisse romande, et il repose entièrement sur les épaules de celui qui est maintenant vice-président de l’AGSP. Soucieux de défendre à une échelle plus large la pêche de loisir en Suisse, Maxime a en effet accepté d’être pour la Fédération Suisse de Pêche le responsable de la communication en Suisse romande. A n’en pas douter, il saura relever le défi avec le sérieux et la passion qui le caractérisent.

L’histoire de l’AGSP ne s’arrête toutefois pas aujourd’hui : à l’échelle du canton, il reste encore des objectifs à atteindre :

la qualité de l’eau n’est ainsi pas encore satisfaisante partout. La forte volonté de l’Etat dans ce domaine, l’inauguration récente de la STEP du Bois-de-Bay l’atteste avec vigueur, montre cependant que le processus est lancé et qu’on peut donc s’attendre à des progrès significatifs dans ce domaine.

L’Allondon et la Versoix, les deux cours d’eau “phare” du canton pour la pêche aux salmonidés, n’abritent pas encore des populations de truites et d’ombres suffisamment stables pour garantir une pêche de qualité sur le long terme. Le manque de données fiables sur l’impact des harles, que l’AGSP dénonce depuis des années, représente à cet égard un frein majeur à des prélèvements encore plus mesurés de la part des pêcheurs. Comment en effet pourrait-on demander à ces derniers de protéger encore plus les géniteurs, que l’on aimerait pourtant voir produire une descendance aussi nombreuse que possible, alors qu’un faisceau d’indices tend à suggérer qu’une telle attitude serait sans effet notoire dans la situation actuelle? (voir à ce sujet l’article en pages 2 et 3).Point encourageant, il semble par contre que du côté des pêcheurs, des plans de repeuplement à l’échelle des bassins versants et basés sur des reproducteurs directement issus des cours d’eau puissent devenir possibles dans un avenir proche.

Les parcours urbains de l’Arve et du Rhône mériteraient également que les mesures en faveur d’une pêche populaire puissent aboutir. Là aussi, le travail ne manquera pas pour convaincre les autorités fédérales et, faut-il le relever, le service cantonal de la pêche, du bien fondé de déverser des truites arcen- ciel adultes sur les tronçons dégradés du centre ville, dans le but pourtant louable d’éviter l’hybridation avec les truites autochtones et de permettre, à terme, la pêche dans l’Arve en hiver, période où celle-ci est la plus favorable. (Voir l’article en page 4 )

Enfin, une cohabitation sereine et constructive de tous les acteurs de la pêche demandera encore quelques efforts de communication et de compréhension mutuelle, mais elle seule garantira une force politique capable de promouvoir la pêche de loisir dans le canton. Que les lobbys de la protection des animaux aient pu faire interdire les parcours strictement no-kill dans le pays, cas unique en Europe sinon dans le monde, illustre parfaitement quels en sont les enjeux…

En pouvant compter, comme toujours, sur des membres engagés, l’AGSP continuera donc son action en faveur de cette pêche de qualité dont Maxime Prevedello avait déjà tracé les contours il y a 20 ans : celle qui montre qu’une cohabitation entre salmonidés sauvages et développement économique est possible. Le symbole est fort. Il mérite qu’on le défende.

 

Christophe Ebener, Président de l'AGSP
Dernière modification le Mardi, 03 Novembre 2009 09:24

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